Quand l’idéal devient souffrance

Enregistrement de l’émission Ecoute dans la nuit avec Pascal Parinet, Gestalt-thérapeute 75008

Quand l’idéal devient souffrance

Nous allons parler du rapport à l’idéal et voir comment il peut parfois générer de la souffrance. Derrière ce mot qui peut paraitre abstrait nous verrons que cela concerne beaucoup de situations vécues. Pourtant nous avons tous besoin d’idéal ou d’idéaux, cela nous motive et nous incite à avancer. Le problème n’est pas tant la question de l’idéal en soi que le rapport de l’individu à un idéal.

Sur le versant positif l’idéal est le lieu des valeurs, celles qui sont fondamentales pour l’individu. C’est aussi le panneau indicateur qui donne une direction à la vie puisqu’il correspond à ce que la personne aimerait être. L’idéal agit comme un aimant qui attire l’individu vers un chemin. Il met en route une dynamique qui normalement va vers la croissance et le dépassement de soi. Il est donc important dans la vie d’avoir des idéaux, tout en sachant que ceux ci ne sont pas forcement réalisables, ni réalistes, mais qu’ils balisent le chemin et aident à progresser en humanité.

Quels sont les risques?

Nous verrons que certains risques concernent plutôt la perfection, d’autres la toute puissance et d’autres l’idéalisation.

Evidement le risque principal consiste dans le perfectionnisme. Lorsque l’individu n’arrive pas à gérer cette contrainte,il va ressentir de l’angoisse.
Le risque le plus souvent vécu est de ne pas se sentir à la hauteur. Cela engendre de la frustration, la personne ne pourra que très rarement être satisfaite d’elle même, mais aussi des autres. On le voit cela va compliquer les relations.

L’individu va mettre en place des mécanismes d’évitement comme la procrastination ou encore la paralysie. Beaucoup diront qu’ils n’y arrive pas, qu’ils ont peur, qu’ils sont incapables…etc. D’autres se sentiront mal à l’aise dans les relations, voir timides ou en retrait. Ils auront peur des relations sociales, de ne pas être intéressant, de dire des bêtises. La personne va se comparer et commencer à s’auto-critiquer, à se dévaloriser. Le plus remarquable c’est qu’elle n’en a pas conscience, pas plus que des mots dévalorisants qu’elle dit comme: « vous allez dire que c’est bête, que je suis nul, c’est idiot, je suis mauvaise, etc… »

L’idéal de toute puissance, lui est un vestige du narcissisme qui mène à l’orgueil. Le principal risque est donc de s’illusionner soi même. Un autre aspect est que l’individu sera dans un rôle fantasmé et non pas lui même. C’est à dire qu’il jouera un rôle sans s’en rendre compte

D’autre fois la personne va se rigidifier autour de l’idéal qu’il soit de perfection ou de toute puissance. Dans ce cas, elle n’acceptera pas de nuance par rapport à son idéal, ne pourra pas se remettre en cause, ni intégrer la réalité. Lorsque l’idéal de perfection et de toute puissance s’unissent cela donne l’intégrisme et le fanatisme. Il n’y a plus d’ouverture, l’individu pense détenir la vérité absolue, devient rigide et tyrannique avec ceux qui pensent différemment, il n’accepte plus la différence.

Dans l’idéalisation, il y a un déni de la réalité, c’est soit le monde des bisounours où tout semble parfait, soit le monde de la passion où tout est intense Le principale risque de l’idéalisation consiste en la déception et la dépression. Parfois cela bascule dans la haine, comme on peut le voir dans les relations passionnelles.

Alors comment faire?

Je dis souvent que pour avoir la tête dans le ciel, il faut des chaussures en plomb, il est important d’être ancré dans la réalité.

Prendre conscience de son idéal

La première des choses est de prendre conscience de ses images idéales. Pour cela il est possible de se laisser aller à penser « à l’extrême » Par exemple pour le perfectionniste, s’il atteignait la perfection se serait comment? Qu’elle image pourrait représenter cela. Pour certains ce sera d’être en haut d’un grand building, dominant le monde, pour d’autre d’être un Einstein, président de la république, ou juste le père ou la mère parfaite, etc….

Dégonfler la baudruche, la descendre du piédestal

Ensuite il convient de relativiser l’image idéal, d’en découvrir les aspects narcissiques et irréels. Cela ne signifie pas pour autant de ne pas prendre en compte ce qu’elle transmet en terme de valeurs. Au contraire ce qui est à garder, ce sont justement les valeurs et non pas l’aspect imaginaire.

Accepter la réalité

Enfin, il y a à accepter la réalité de sa situation et à partir de là pour réaliser ses aspirations.tout en étant conscient de ses limites. Il convient de redonner à l’idéal une dimension aux possibilités humaines et de le voir comme un panneau indicateur. Il donne une direction et non pas la nature du chemin, ni le temps pour arriver à destination. Lorsque la personne est bien ancrée dans le réel, elle peut alors avoir des aspirations élevées, ce n’est plus gênant.

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